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RÉFORME DES INSTITUTIONS : Macky Sall fera-t-il moins que Abdoulaye Wade ?

octobre 10th, 2017 | by echos1
RÉFORME DES INSTITUTIONS : Macky Sall fera-t-il moins que Abdoulaye Wade ?
Politique
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Le débat en cours sur la réduction du mandat du Président de la République de sept a cinq ans ne devrait surtout pas être réduit à ses aspects éthique ou juridique, son caractère politique mériterait aussi beaucoup plus d’attention. Monsieur Macky Sall avait promis aux sénégalais qu’il réduirait son mandat une fois élu et ils attendent toujours qu’il respecte sa parole. Par tous les moyens opportuns autorisés par la loi, mais le péril le plus grave c’est l’usure du pouvoir. Deux mandats, soit 12 ans, pourraient aiguiser des appétits monarchistes, patrimonialistes et bien d’autres dérives antidémocratiques. Une longue durée au pouvoir pourrait susciter des velléités monarchiques dans un pays où le clientélisme et la transhumance politiques sont monnaie courante et où celui qui hier, était voué aux gémonies pour ses activités répréhensibles pourrait aujourd’hui être adulé du simple fait qu’il est en « position de pouvoir ». Il n’est plus tenu copte de sa probité, de son intégrité morale encore moins de sa ‘vertu’ comme si le pouvoir l’avait miraculeusement purifié.
‘Gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple’, ‘le moins mauvais des systèmes politiques’, conçue pour des ‘Etats vertueux’, la Démocratie est devenue un phénomène : le système politique contemporain dominant. La doctrine de la ‘souveraineté nationale’ en constitue le fondement théorique. Elle considère que la souveraineté réside dans la nation dans son entièreté et non dans une seule de ses composantes à l’exclusion des autres (parti, région, confrérie…) . Tandis que la théorie de la ‘souveraineté populaire ‘ qui avait cours dans les pays de l’Est situe la souveraineté dans le peuple. La Démocratie est née des cendres de la monarchie qui a subi plusieurs revers après moult tentatives vaines de restauration. La nation exprime sa souveraineté directement par référendum ou indirectement par le biais de représentants qu’elle s’est librement et en toute connaissance de cause choisie pour une durée déterminée et pour un mandat précis sur la base de programmes intelligibles. Les modes de scrutin définissent les conditions et les modalités suivant lesquelles ils sont élus.
     De la forme des relations entre les différents pouvoirs constitutifs de l’Etat ainsi provisoirement délégués par la nation résulte la nature du régime politique. De leur rigidité ou de leur souplesse dépend sa stabilité ou son instabilité.
     Dans les régimes parlementaires la séparation entre ces trois pouvoirs est souple et les mécanismes de contrôles mutuels bien définis :
– le gouvernement est responsable devant l’assemblée qui pourrait le dissoudre, si un certain nombre de critères et de conditions sont réunis, en votant une « motion de censure » ;
– le gouvernement pourrait dissoudre l’assemblée et organiser des élections anticipées pour se constituer une nouvelle majorité qui lui permettrait de gouverner confortablement.
Rationaliser un tel régime consisterait à rendre beaucoup plus complexes et compliqués les mécanismes et procédures de leurs dissolutions mutuelles en les rendant moins récurrentes :
– en modifiant les majorités requises pour les mettre en œuvre ;
– en réduisant les délais pour réorganiser de nouvelles élections ;
– mais surtout en révisant les modes de scrutin.
     Comment faire de sorte que tous les partis politiques représentatifs puissent siéger à l’assemblée et y jouer convenablement leur rôle et que, de la même manière, les ’partis guignols’ et autres ’partis affairistes’ puissent être neutralisés ? Des partis forts, fonctionnant démocratiquement et bénéficiant du soutien régulier, transparent et contrôlé des pouvoirs publics, tels seraient les vrais enjeux.
Dans les régimes présidentiels, les USA en sont le modèle achevé, la séparation entre les différents pouvoirs est nette et rigide. Le Congres, la Cour Suprême et le Président sont des institutions, des pouvoirs forts qui jouent convenablement les rôles et fonctions que la constitution américaine leur a assignés Et ils sont dotés des moyens de leur missions.
     Une version horriblement dénaturée du régime présidentiel est le présidentialisme dont l’Afrique semble être la terre de prédilection. La concentration excessive de tous les pouvoirs entre les mains de l’Exécutif, la patrimonialisation du pouvoir politique y sont des pratiques courantes et répandues.
     Le Sénégal est malade du nombre pléthorique de ses partis. Il y en a trop. Et ils coutent chers aux contribuables notamment en périodes électorales. Comment mettre de l’ordre dans :
– les conditions et modalités de leur mise sur pied même si la liberté d’association est reconnue dans la constitution ;
– leur mode de financement ;
– leur mode de fonctionnement.
     Comment sont ils créés objectivement ? Comment sont ils financés ? Comment fonctionnent-ils ?
     Le débat sur le mode de scrutin suit son cours. L’objectif prioritaire est de bien élire nos représentants en choisissant entre les modes de scrutins majoritaire et proportionnel la meilleure combinaison pour traduire le plus fidèlement possible la volonté et le signal des électeurs.
     Le toilettage du code électoral et la mise à jour du fichier électoral qui commencent déjà à susciter la suspicion dans l’opposition est à l’ordre du jour du calendrier républicain.
Farba Senghor

 

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